Textes littéraires

Extrait

« Beauté pressentie »

Erahnte schönheit

Refërende Macht der Verführung, Sprache des Körpers und der Nacht. Haarnetze und Hutschleier : Zaubermittel der Frau in Schwarz. Schalkhaft ist die Nacht. Den ganzen Tag wirft sie den Geschäftsmännern verstohlene Blicke zu und erinnert sie daran, daß sich der Körper einer Frau bewegt, daß er geschmückt und parfürmiert ist wie für ein Rendezvous, heute abend noch. Erfindungsreich ist sie, die Schönheit. Sie hat weit mehr als nur ein « Pflästerchen », um den Männern den Kopf zu verdrehen : vorn Schönheitsfleck auf der Wange, der Stirn, am Lippenwinkel bis hin zu den bestechenden Strumpfnähten, die ihnen den Verstand rauben. Sie entfaltet all ihre Tricks und Farben durch Splitter und Fragmente. Schwarze Akzente : Hinter Spitzen, Haarnetzen, Hutschleiern, rauchfarbenen Strümpfen lockt sie, um sich sogleich wieder zu entziehen. Sie ist Verheißung und Verhängnis. Schwarzbehandschuht und maskiert schleicht sie sich an… Für die Femme fatale haben die Waffen der Verführung dir Farbe der Nacht, des Geheimnisvollen, der Orte, in denen man sich verläuft…Seidenstrümpfe, duftige Unterwäsche, dunkle Seide sollen weniger verhüllen, als die Begierde in die Falle locken und doch frei umherschweifen lassen. Erahnte Schönheit fesselt mehr als nackte Haut. Ein Träger, der bei einer zarten Berührung von der Schulter gleitet, verwirrt mehr als die entblößte Brust. Geste stillschweigender Aufforderung, der Erwartung, des Einverständnisse. Das Verlangen lodert. Die Frau, die ihre Erscheinung durch Schwarz hervorhebt, kennt das Wesen der Verführung : Doppeldeutigkeit und Flüchtigkeit. Fächerbewegungen, die das Gesicht verhüllen, die manderlförmigen Kajal-Augen der schönen Orientalin, in transparentes Schwarz gehüllte und doch so nackte Beine, der Hutschleier, der die Blicke magisch anzieht und erbeben läßt, alles zielt auf süße Verwirrung, fesselnde Erregung, die nach Erfüllung drängt.

Beauté pressentie

Pouvoir référant de la séduction, langue du corps et de la nuit. Mantilles et voilettes : sortilège de la femme en noir.La nuit est narquoise. Toute la journée, elle fait de l’œillade aux hommes d’affaire et se rappelle à eux, telle le corps d’une femme qui ondule, couvert de bijoux et parfumé, comme pour un rendez-vous pour lequel il faut attendre jusqu’au soir. La beauté, elle, est inventive. Elle a plus d’un tour dans son sac pour faire tourner la tête aux hommes : grains de beauté sur la joue, le front, la commissure des lèvres, couture aguichante des bas qui attire leur regard. Elle abat tous ses atouts par petites touches. Accents noirs : elle se cache derrière dentelles, résilles, mantilles, collants fumés pour mieux se dérober à la vue. Elle se fait tout autant promesse que fatalité. Elle s’approche à pas de loups, gantée de noir et masquée. Pour la femme fatale, les armes de la séduction ont la couleur de la nuit, du mystère, des lieux de perdition…Bas de soie, sous-vêtements parfumés, soies sombres doivent moins voiler que susciter l’envie et laisser libre cours aux fantasmes. La beauté pressentie captive davantage que la peau nue. Une bretelle, exposée par le léger mouvement de l’épaule, trouble davantage qu’une poitrine dénudée. Geste de l’invitation implicite, de l’attente, du consentement. Le désir exulte. La femme qui dissimule son apparence par du noir connaît l’essence de la séduction : double sens et légèreté. Mouvements d’éventail qui rafraîchissent le visage, contour des yeux dessiné au khôl des femmes orientales, jambes voilées de bas noirs dont la transparence les dénude, mantille magique qui tressaille et attire le regard, tout tend vers une douce confusion, une captivante excitation, qui aspire à l’accomplissement.